Once in a Blue Moon

La voilà, enfin, dans le ciel de Plouguerneau — timide apparition suspendue entre la mer et les nuages. À demi voilée par un léger drapé d’argent, elle semble jouer avec la pudeur des astres, dévoilant son éclat par fragments, comme pour mieux en préserver le mystère. Éphémère passagère du temps, elle s’est glissée entre deux souffles de vent, offrant à ceux qui lèvent les yeux un instant de grâce, une parenthèse dans le tumulte du monde. Son aura diffuse caresse la voûte céleste, rappelant à chacun la fragile beauté de ce qui ne dure qu’un instant.


Nul besoin d’un rivage pour accueillir ses rondeurs : elle règne libre, souveraine, suspendue au-dessus des flots et des landes. Majestueuse, elle trône dans le silence nocturne, le temps d’un battement d’âme qui s’étire en éternité. Drapée dans une souquenille de brume et de lumière, elle évoque à la fois la sagesse des âges et l’innocence des commencements. Et lorsque son éclat s’adoucit pour disparaître, elle laisse derrière elle une empreinte ineffaçable — celle du chemin parcouru, des yeux levés vers le ciel, et du souvenir éternel d’un instant où le monde a semblé s’arrêter pour la contempler.

“Once in a blue Moon” se traduit par « une fois tous les trente-six du mois », une expression qui évoque déjà la rareté et l’exception. Pourtant, derrière ce nom aux reflets mystérieux, il n’est nullement question d’une lune teintée de bleu. La lune bleue est le nom délicat que les astronomes donnent à la seconde pleine lune d’un même mois calendaire. Un rendez-vous discret et peu fréquent, né du léger décalage entre le rythme des mois et la respiration du cycle lunaire. Parce qu’elle ne se montre que rarement, cette pleine lune supplémentaire a hérité d’un surnom presque secret, comme un clin d’œil du ciel. La lune bleue devient alors le symbole d’un instant précieux, de ces moments qui n’arrivent que rarement… et que l’on n’oublie jamais.



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